À la veille du traditionnel discours à la Nation du Président de la République, Alassane Ouattara, Franck Stéphane Dedi a choisi une nouvelle fois de s'adresser directement au Chef de l'État à travers une lettre ouverte. Comme une conversation à cœur ouvert, il y aborde plusieurs sujets qu'il juge essentiels pour l'avenir du pays : la réconciliation nationale, la crise de l'immobilier et, surtout, l'orpaillage illégal.
C'est d'ailleurs cette dernière question qui occupe une place centrale dans son message. Plus qu'une préoccupation environnementale, il y voit une menace pour la santé publique, les ressources naturelles, l'économie nationale et les générations futures.
L'auteur est habitué de cet exercice. Il le rappelle lui-même lorsqu'il écrit : « Cette année, je rajoute un autre sujet à mes plaidoiries habituelles. »
Cette phrase montre que cette lettre s'inscrit dans une démarche citoyenne qu'il renouvelle chaque année à l'occasion du discours à la Nation. Cette fois, il choisit de mettre en lumière un sujet qui, selon lui, mérite désormais d'être traité comme une priorité nationale.
Dès les premières lignes consacrées à l'environnement, le ton est donné lorsqu'il annonce :« Cette année, je rajoute un autre sujet à mes plaidoiries habituelles : l'ORPAILLAGE ILLÉGAL. »
Un sujet qui ne devrait plus être politisé
Pour Franck Stéphane Dedi, il ne s'agit plus d'un simple débat politique ou économique. Selon lui, l'exploitation clandestine de l'or est devenue une urgence nationale qui exige une réponse forte de l'État.
Il regrette ainsi que cette question ait été, selon ses propres mots, « trop longtemps banalisée, parfois politisée », alors que ses conséquences, estime-t-il, s'aggravent de jour en jour.
Cette remarque mérite d'être entendue. En Côte d'Ivoire, les grands sujets d'intérêt national sont souvent ramenés à une lecture politique : être pour ou contre le gouvernement, être proche d'un parti ou d'un autre. Pourtant, l'orpaillage illégal dépasse largement ces clivages.
Lorsqu'une rivière est polluée, lorsqu'une forêt disparaît ou lorsqu'une terre agricole est dégradée, les conséquences concernent toutes les populations, quelle que soit leur appartenance politique. L'environnement ne fait pas de distinction entre les citoyens. La pollution ne vote pas.
C'est sans doute le message que Franck Stéphane Dedi souhaite faire passer : la protection de l'environnement devrait être une cause nationale, capable de rassembler les Ivoiriens au-delà des divergences politiques.
Une inquiétude pour l'eau, la santé et l'environnement
L'un des passages les plus marquants de la lettre concerne la pollution des ressources en eau. Il écrit notamment : « Tous les cours d'eau de ce pays sont contaminés au mercure et au cyanure du fait de cette activité. »
Par cette affirmation, l'auteur attire l'attention sur les produits chimiques utilisés dans certaines exploitations clandestines de l'or, notamment le mercure et le cyanure. Ces substances sont reconnues pour leurs effets nocifs lorsqu'elles sont déversées dans les rivières et les sols sans traitement. Elles peuvent contaminer les eaux, les poissons, les terres agricoles et, à terme, les populations qui vivent de ces ressources.
En Côte d'Ivoire, les opérations de démantèlement de sites d'orpaillage clandestin se multiplient depuis plusieurs années. Cette réalité montre que le phénomène n'est plus marginal. Il touche désormais plusieurs régions du pays et constitue un défi majeur pour les pouvoirs publics.
Au-delà de la pollution des eaux, ce sont également les forêts, les terres cultivables, la biodiversité et parfois même la sécurité des populations qui sont affectées.
Le Haut-Sassandra n'est pas à l'abri
Pour les habitants du Haut-Sassandra, cette question est loin d'être théorique.
La région est l'un des principaux greniers agricoles de la Côte d'Ivoire. Daloa, Vavoua, Zoukougbeu, Gboguhé, Saïoua et les nombreuses localités rurales vivent principalement de l'agriculture. Le cacao, le café, l'hévéa, l'anacarde, le riz, le manioc, les cultures maraîchères et l'élevage font vivre des milliers de familles.
Cette richesse dépend pourtant d'un équilibre fragile : des terres fertiles, une eau de qualité et des forêts capables de préserver les sols.
Si les cours d'eau sont durablement pollués ou si les terres agricoles sont dégradées par des activités minières illégales, ce sont les fondements mêmes de l'économie régionale qui pourraient être fragilisés. Les agriculteurs seraient les premiers touchés, mais les conséquences s'étendraient rapidement aux commerçants, aux transporteurs, aux transformateurs agricoles et à l'ensemble de l'économie locale.
Dans une région où une grande partie des revenus dépend directement de l'agriculture, protéger l'environnement revient aussi à protéger les emplois, les revenus des familles et l'avenir des jeunes.
Un danger pour les générations futures
L'auteur ne limite pas son inquiétude aux dégâts visibles aujourd'hui. Il écrit ainsi : « Ce sujet (...) est en train de détruire la Côte d'Ivoire à une vitesse vertigineuse avec des conséquences qu'on ne sait même pas quantifier dans leur totalité. »
Cette phrase traduit une préoccupation plus profonde : certaines conséquences environnementales ne se manifestent qu'après plusieurs années.
Une rivière polluée peut mettre très longtemps à retrouver son équilibre naturel. Une forêt détruite nécessite parfois plusieurs décennies avant de se reconstituer. Des terres agricoles dégradées perdent progressivement leur fertilité, réduisant les rendements et fragilisant les revenus des producteurs.
En d'autres termes, l'orpaillage illégal ne menace pas uniquement le présent. Il risque également d'hypothéquer les ressources dont dépendront les générations futures.
Un « crime contre l'humanité »
Le passage le plus fort de la lettre est sans doute celui où Franck Stéphane Dedi qualifie l'orpaillage illégal de : « crime contre l'humanité ».
Cette expression, volontairement forte, traduit son indignation face aux conséquences qu'il attribue à cette activité.
À travers ces mots, il cherche à provoquer une prise de conscience collective. Son objectif est de rappeler que les dommages environnementaux ne concernent pas seulement les arbres ou les rivières. Ils touchent directement les populations qui vivent de l'agriculture, de la pêche ou qui utilisent quotidiennement les cours d'eau.
Il interpelle ensuite directement le Président de la République en lui lançant cet appel : « Vous devez prendre des mesures urgentes. Plus que celles qui sont déjà entreprises. »
Un appel qui traduit, selon lui, la nécessité d'accélérer les actions déjà engagées contre ce fléau.
Voici les trois propositions que Franck Stéphane Dedi adresse au Chef de l'État
Au-delà du constat, Franck Stéphane Dedi avance plusieurs pistes.
Il demande d'abord la criminalisation de l'orpaillage illégal afin de renforcer la réponse judiciaire contre les réseaux qui organisent cette activité.
Il propose ensuite la création d'une Brigade spéciale exclusivement dédiée à la lutte contre l'exploitation clandestine de l'or sur l'ensemble du territoire.
Enfin, il appelle à un recours accru aux nouvelles technologies. Il écrit : « Aujourd'hui avec la technologie, c'est inconcevable de dire qu'on ne sait pas où trouver les orpailleurs illégaux. »
Selon lui, les satellites, les drones et les autres outils modernes de surveillance devraient permettre de mieux localiser les sites clandestins et de renforcer les opérations de lutte.
Une lettre qui dépasse la seule question environnementale
Si l'orpaillage occupe une place importante dans cette lettre, Franck Stéphane Dedi commence d'abord par demander un geste de clémence envers les personnes détenues dans le contexte politique ivoirien.
Il invite le Président à tourner définitivement la page des crises qui ont marqué le pays en écrivant : « Faites libérer toutes ces personnes et collectivement... passons à autre chose. »
En conclusion de sa lettre, il évoque également les difficultés du secteur immobilier, qu'il décrit comme une « bombe économique et sociale » si des réformes profondes ne sont pas engagées.
Une interpellation citoyenne
Au-delà des propositions formulées, cette lettre se présente avant tout comme un plaidoyer citoyen. Son auteur interpelle le Chef de l'État non seulement sur des questions politiques, mais aussi sur des enjeux environnementaux qu'il considère comme déterminants pour l'avenir de la Côte d'Ivoire.
Son message se termine sur une note de confiance et de spiritualité : « Je prie donc pour vous. Que Dieu vous garde, qu'il vous accorde la Sagesse et l'Intelligence nécessaire à conduire le Navire Ivoire. »
Au-delà des débats politiques, cette lettre pose finalement une question essentielle : quel héritage voulons-nous laisser aux générations futures ?
Pour une région comme le Haut-Sassandra, où l'agriculture est le principal moteur de l'économie, cette interrogation prend une dimension particulière. Préserver les rivières, les forêts et les terres agricoles, c'est préserver les moyens de subsistance de milliers de familles et garantir le développement des générations à venir.
C'est sans doute le principal message que Franck Stéphane Dedi souhaite faire passer : la lutte contre l'orpaillage illégal ne devrait pas être une cause partisane. Elle devrait être une priorité nationale, portée par l'ensemble des citoyens, des élus et des institutions de la République.
Cet article a été construit par Deepseek & GPT, humaniser par la Rédaction.
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