Le Conseil du Café-Cacao a passé une journée entière à Bongouanou pour expliquer aux coopératives ce que recouvre, concrètement, la norme ARS 1000. La rencontre s'est tenue le 20 mai 2026 à la préfecture, en présence des responsables d'organisations de producteurs choisies pour rejoindre la deuxième vague d'expérimentation, deux ans après la phase pilote lancée en 2024.
L'enjeu est lourd pour la filière. La norme ARS 1000 constitue le cadre technique sur lequel s'aligne désormais la traçabilité du cacao ivoirien, exigence devenue incontournable face aux nouvelles règles européennes sur la déforestation importée. Sans certification crédible, les fèves risquent d'être bloquées à l'entrée du marché européen, premier débouché du pays.
« C'est un ensemble de dispositions et de règles » à respecter pour produire un cacao durable et traçable, a expliqué Aman Sandra, chef de délégation de la sous-direction qualité et certification du Conseil. La représentante a insisté sur le fait que les coopératives doivent s'approprier le texte plutôt que de le subir. « Les nouveaux acteurs doivent s'organiser et commencer à travailler » en attendant les étapes suivantes, a-t-elle ajouté, selon l'AIP.
La méthode retenue par le Conseil consiste à élargir progressivement le cercle des coopératives engagées. Après le test grandeur nature de 2024, les retours d'expérience servent à ajuster le dispositif avant de viser, à terme, l'ensemble des producteurs ivoiriens. Aman Sandra a salué une participation « très enrichissante » à Bongouanou, et un intérêt marqué de la part des structures déjà passées par la phase initiale.
Pour le Haut-Sassandra, première région productrice de cacao avec Daloa comme capitale historique de la filière, l'extension de la norme est une affaire qui se prépare. Les coopératives locales seront sollicitées dans les prochaines vagues. Celles qui auront pris de l'avance sur la documentation, le géoréférencement des parcelles et la formation des producteurs partiront avec un avantage commercial. Les autres devront courir derrière, dans un contexte où les chocolatiers européens trient déjà leurs fournisseurs au cordeau.
