À Daloa, la Journée de l’Enfant Africain 2026 a pris une tonalité très concrète, presque brute : celle d’enfants qui ne parlent plus seulement de droits en théorie, mais de toilettes inexistantes, d’eau difficile d’accès et de maladies évitables. Réunis au sein de la Commission régionale des droits de l’homme du Haut-Sassandra, ils ont interpellé les autorités sur un enjeu simple en apparence, mais structurant pour leur avenir : l’accès universel à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement.
Dans les locaux de la Commission régionale des droits de l’homme du Haut-Sassandra à Daloa, la commémoration a pris des allures de plaidoyer citoyen. Le thème retenu cette année, centré sur l’accès universel à l’eau potable et aux infrastructures d’hygiène, a servi de fil conducteur à une prise de parole collective où les enfants ont clairement quitté le registre symbolique pour entrer dans celui des priorités publiques.
Au centre des interventions, la présidente du Conseil communal des enfants de Daloa, Gouannou Roxane, a mis des mots précis sur une réalité vécue au quotidien dans plusieurs établissements scolaires. Dans son intervention, elle a pointé le manque de toilettes propres et sécurisées, ainsi que les risques sanitaires associés, notamment les maladies hydriques comme le choléra ou la typhoïde. Derrière son discours, une idée simple mais lourde de sens : sans infrastructures sanitaires dignes, les droits à la santé et à l’éducation deviennent fragiles, parfois théoriques.
Cette prise de parole illustre une évolution intéressante du leadership juvénile local. Les enfants ne se contentent plus d’être des bénéficiaires de politiques publiques, ils se positionnent comme des acteurs de veille sociale, capables d’identifier les défaillances du système et de formuler des demandes structurées.
Face à eux, la Commission régionale des droits de l’homme du Haut-Sassandra a rappelé le caractère fondamental du droit à l’eau potable et à l’assainissement. Son président a souligné que ces éléments ne relèvent pas du confort, mais de la base même du développement humain, en particulier pour l’enfant, dont la croissance et la scolarité dépendent directement de la qualité de l’environnement sanitaire.
Le discours institutionnel n’a toutefois pas éludé les déséquilibres persistants. Malgré les efforts de l’État et de ses partenaires, certaines zones rurales et périurbaines continuent de fonctionner avec des infrastructures insuffisantes, parfois vétustes. Une réalité qui renvoie à un défi plus large : celui de l’équité territoriale dans l’accès aux services sociaux de base.
La journée a également été marquée par des séances de sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène. Mais au-delà des démonstrations, c’est surtout un engagement symbolique qui a retenu l’attention : celui des enfants de devenir des relais de l’hygiène dans leurs écoles et leurs communautés. Une forme de responsabilité partagée, qui transforme la sensibilisation en action continue.
Au fond, cette célébration à Daloa rappelle une évidence souvent sous-estimée dans les politiques de développement : l’eau, l’hygiène et l’assainissement ne sont pas des secteurs techniques isolés. Ils sont au croisement de la santé publique, de l’éducation et de la dignité humaine. Et lorsque les enfants eux-mêmes en font une priorité, le signal envoyé aux décideurs devient difficile à ignorer.
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