Un violent incendie s'est déclaré dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 septembre 2026 au dépôt 5 de la Société des Transports Abidjanais, situé dans la commune de Koumassi, endommageant 55 autobus, dont 40 entièrement calcinés.
Ce nouveau sinistre n'est pas un cas isolé. Il s'inscrit dans une série d'incendies qui frappent les installations de la SOTRA depuis plusieurs mois. Le 20 octobre 2025, 13 autobus avaient été détruits dans une gare de réparation à Koumassi. Le 28 novembre 2025, 19 autobus en maintenance avaient été calcinés au dépôt d'Abobo. Le 30 décembre 2025, deux bateaux-bus avaient été entièrement consumés à la gare lagunaire de Treichville. Et aujourd'hui, c'est encore Koumassi qui est touché, avec 55 bus endommagés.
À chaque incendie, ce sont des équipements destinés au transport des populations qui disparaissent ou sont gravement endommagés. Derrière ces autobus, il y a l'argent public et celui du contribuable. Le plus préoccupant est la répétition des sinistres : trois incendies majeurs touchant des sites de la SOTRA en moins d'un an entre octobre 2025 et septembre 2026.
À chaque incident, la SOTRA annonce l'ouverture d'une enquête pour déterminer les causes exactes du sinistre. Pourtant, ces conclusions restent à ce jour inconnues du public. Quelles étaient les causes exactes des précédents incendies ? Quelles conclusions les différentes enquêtes ont-elles produites ? Quelles mesures de sécurité ont été recommandées et ont-elles toutes été appliquées ?
Selon une analyse publiée en janvier 2026, la répétition de ces sinistres dans des circonstances similaires soulève un problème sur la sécurité des dépôts. Le fait que les incendies surviennent principalement la nuit, dans des dépôts supposés sécurisés, met en cause les dispositifs de prévention, notamment les systèmes d'alarme inefficaces, l'absence ou la faiblesse de la surveillance nocturne, ou encore des normes anti-incendie non respectées.
Par ailleurs, selon des informations de presse, un cadre du Parti des Peuples Africains de Côte d'Ivoire a été interpellé et placé sous mandat de dépôt en janvier 2026 pour son implication présumée dans l'incendie des 13 bus de Koumassi du 20 octobre 2025. Mais qu'en est-il des autres incendies ? L'enquête sur le sinistre du 6 septembre 2026 est en cours, mais attendrons-nous plusieurs mois avant d'en connaître les conclusions ?
Comment, après les incendies de Koumassi en octobre 2025 et d'Abobo en novembre 2025, peut-on se retrouver en septembre 2026 avec un nouveau sinistre d'une telle ampleur à Koumassi ? La question de la responsabilité de la Direction générale doit être posée. Après plus de quinze années à la tête de la SOTRA, le Directeur général ne peut pas être éternellement soustrait à la question de la responsabilité managériale.
Ces incendies à répétition pourraient également avoir des conséquences sur le déploiement de la SOTRA dans d'autres villes du pays. La société de transport public a annoncé en début d'année son intention d'étendre ses services à l'intérieur du pays, notamment à Daloa. Mais avec la destruction de près d'une centaine d'autobus en moins d'un an, ce projet pourrait être compromis. Comment la SOTRA peut-elle envisager de s'étendre à Daloa alors que son parc automobile fond comme neige au soleil dans la capitale économique ? Les bus destinés à l'intérieur du pays seront-ils prioritairement affectés à la reconstruction du parc à Abidjan ? Les populations de Daloa, qui attendent depuis des années l'arrivée de ce service public de transport, risquent de voir leurs espoirs s'éloigner un peu plus.
Que prévoit le plan de modernisation de la SOTRA en matière de sécurité incendie ? Les recommandations des enquêtes précédentes ont-elles été suivies d'effets ? Un audit indépendant des dispositifs de sécurité des dépôts a-t-il été réalisé ? Ces interrogations méritent d'être posées. Car derrière chaque autobus calciné, ce sont des centaines de milliers d'usagers qui dépendent quotidiennement de ce service public.
La Rédaction
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