La région du Haut-Sassandra a bénéficié d'un projet de lutte communautaire contre les maladies tropicales négligées (MTN) à manifestation cutanée, conduit de mars 2024 à février 2026 par la Fondation Raoul Follereau, en partenariat avec le ministère de la Santé de Côte d'Ivoire. Au total, 58 470 personnes ont été dépistées, dont 147 cas de lèpre détectés, 3 cas de pian et 8 cas d'ulcère de Buruli pris en charge. Le projet s'inscrit dans l'initiative mondiale « Zéro Lèpre 2030 » et a mobilisé 350 millions de francs CFA.
Des résultats concrets sur deux ans dans la région de Daloa
Le bilan a été dressé lors d'une rencontre à Daloa, en présence du Dr Raux-Yao Serge Patrice Nestor, directeur régional de la Santé, du Dr Elisée Agodio de la Fondation Raoul Follereau et du Dr Koffi Aboa, directeur coordonnateur adjoint du projet. En deux ans d'activités, 10 453 personnes ont reçu des médicaments préventifs. Par ailleurs, 32 villages du Haut-Sassandra ont été dotés de comités d'engagement sanitaire, véritables relais communautaires chargés de pérenniser les actions de dépistage et de sensibilisation après la fin du projet.
Une approche communautaire pour ancrer la lutte dans les villages
La stratégie de la Fondation Raoul Follereau repose sur la mobilisation des acteurs locaux : agents de santé communautaires, chefs de village et associations de femmes ont été formés pour identifier les premiers signes de la lèpre et orienter les malades vers les structures de soins. Cette approche de proximité répond à un défi récurrent dans le Haut-Sassandra : les zones rurales autour de Daloa, Issia et Vavoua restent peu accessibles aux équipes mobiles de santé, ce qui retarde souvent le diagnostic.
Capital mobilisé et perspective pour la région
Les 350 millions de francs CFA mobilisés ont financé les équipements de dépistage, la formation des agents communautaires et la distribution de médicaments préventifs. Si le projet s'achève officiellement en février 2026, les comités de santé villageois créés dans les 32 villages doivent assurer la continuité du travail de terrain. La direction régionale de la Santé a annoncé un suivi trimestriel des cas détectés pour éviter une recrudescence des MTN dans la région.
Pour le Haut-Sassandra, premier bassin de production de cacao de Côte d'Ivoire, la santé des producteurs est directement liée à la performance économique de la filière. Un planteur atteint de lèpre ou d'ulcère de Buruli voit sa capacité de travail fortement réduite. Ce projet illustre le lien entre santé publique et développement agricole régional.
Source : AIP
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