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Diversité biologique : le gouvernement ivoirien appelle à agir localement pour un impact global

Par Karamoko Diaby · Fondateur et directeur de la publication ⏱ 4 min de lecture
Diversité biologique : le gouvernement ivoirien appelle à agir localement pour un impact global

Le 22 mai 2026, à l'occasion de la Journée internationale de la diversité biologique, le ministre ivoirien de l'Environnement, Abou Bamba, a lu une déclaration gouvernementale sur le thème « Agir localement pour un impact global », invitant chacun à préserver le patrimoine naturel national.

La Côte d’Ivoire, un réservoir de biodiversité sous pression La Côte d’Ivoire possède une diversité biologique exceptionnelle. Ses forêts, ses fleuves, ses lagunes, ses zones humides, ses savanes, ses montagnes et ses espaces marins abritent des milliers d’espèces floristiques et fauniques qui constituent à la fois un héritage précieux et un moteur de développement socioéconomique. Pourtant, ce trésor naturel est gravement menacé. Les chiffres communiqués par le ministre sont éloquents. Entre 1960 et 2002, pas moins de 26 espèces de plantes vasculaires ont disparu des forêts ivoiriennes. Soixante-dix autres sont aujourd’hui en voie d’extinction ou devenues rares. Du côté de la faune, 82 espèces sont classées dans les catégories menacées, et plus de 60 espèces d’oiseaux sont sur le point de disparaître. Le déclin le plus spectaculaire concerne sans doute les éléphants. La population est passée d’environ 100 000 individus dans les années 1960 à seulement 225 à 500 individus en 2024. Certaines espèces d’insectes ont quant à elles enregistré une baisse comprise entre 50 et 80 %. Un littoral en recul et des ressources halieutiques épuisées Les écosystèmes côtiers ne sont pas épargnés. Plus des deux tiers du littoral ivoirien sont touchés par l’érosion côtière. Les études montrent un recul moyen d’un à deux mètres par an, avec des épisodes dramatiques comme ces dix mètres de terres engloutis à Gonzagueville en 2011 ou la disparition du cimetière de Lahou Kpanda en 2019. Les six zones Ramsar, qui couvrent plus de 127 000 hectares, subissent une pression croissante. La pêche, secteur vital pour l’emploi avec 100 000 personnes directement concernées et 580 000 indirectement, est en crise. La production nationale ne dépasse pas 83 000 tonnes par an, ce qui ne couvre que 12 % des besoins du pays. Résultat : la Côte d’Ivoire importe environ 80 % de sa consommation de poisson. Surexploitation, pollution des lagunes et destruction des frayères expliquent cette situation alarmante. Les actions concrètes du gouvernement Face à ce constat, l’exécutif ivoirien n’est pas resté les bras croisés. Sous l’impulsion du président Alassane Ouattara, plusieurs réformes et initiatives ont été engagées. Le cadre juridique et institutionnel de protection de l’environnement a été renforcé. Un plan national de reforestation est en cours de mise en œuvre. La gestion des aires protégées a été améliorée, et des solutions fondées sur la nature sont activement promues. La Côte d’Ivoire a également actualisé sa stratégie et son plan d’actions pour la biodiversité, afin de s’aligner sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Cette stratégie révisée vise une meilleure intégration des enjeux écologiques dans les politiques sectorielles, un renforcement de la participation des communautés locales et une mobilisation accrue des ressources. Parmi les réalisations concrètes figurent la stabilisation du cordon sableux à Grand-Lahou, la création de l’Agence nationale de la gestion du littoral (ANAGIL), ainsi que la mise en place de l’Aire Marine Protégée de Grand-Béréby. Cinq autres aires protégées sont d’ailleurs en cours de création. Chaque geste compte, chaque citoyen est acteur Le ministre Abou Bamba a insisté sur un point essentiel : la protection de la biodiversité ne peut être l’affaire du seul gouvernement. Elle exige l’engagement de tous : collectivités territoriales, communautés locales, jeunes, femmes, chercheurs, organisations de la société civile, entreprises privées et partenaires techniques et financiers. Dans sa déclaration, le ministre a lancé un appel simple et direct à chaque Ivoirien. Ne pas détruire les arbres et les espaces verts. Ne pas jeter de déchets dans les rivières, les lagunes et les cours d’eau. Éviter les feux de brousse et la destruction des habitats naturels. Refuser le commerce et la consommation d’espèces protégées. Choisir des produits respectueux de l’environnement. Sensibiliser son entourage. Participer aux actions de reboisement. Et signaler les atteintes à l’environnement via le numéro vert 1372. « Chaque geste compte. Chaque initiative locale est déterminante. Chaque engagement est primordial », a martelé le ministre. Agir localement pour peser globalement En cette Journée internationale de la diversité biologique, le message du gouvernement ivoirien est clair. C’est par l’accumulation d’actes individuels et collectifs, posés dans les 31 régions et les deux districts autonomes des 322 400 kilomètres carrés du pays, que la Côte d’Ivoire pourra préserver son capital naturel. Agir localement, c’est protéger ses forêts, préserver ses ressources en eau, lutter contre la pollution, promouvoir des pratiques agricoles durables, valoriser les savoirs traditionnels et encourager une gestion responsable des ressources biologiques. C’est à cette condition que les actions locales produiront un impact global. « Pour Dieu et mon pays », a conclu Abou Bamba, en remerciant l’ensemble des Ivoiriens.

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