Les enseignants-chercheurs, chercheurs, doctorants et étudiants se sont retrouvés à l'Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa, du 17 au 18 juillet 2026, à l'occasion de la 5e édition des Journées Nationales de Chimie de la Société Ouest-Africaine de Chimie de Côte d'Ivoire. Placées sous le thème « Pollution environnementale et sécurité alimentaire : quelles contributions de la SOACHIM-CI pour des solutions durables ? », ces assises scientifiques ont constitué un cadre d'échanges sur les innovations capables de répondre aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes.
La rencontre intervient dans un contexte marqué par une dégradation progressive de l'environnement en Côte d'Ivoire. Les pollutions issues des activités agricoles, industrielles, urbaines et minières affectent les ressources en eau, les sols, l'air, la biodiversité ainsi que la sécurité alimentaire. Les participants ont notamment abordé la pollution des plans d'eau, à l'image des lacs de Yamoussoukro et des baies d'Abidjan, confrontés aux rejets domestiques, industriels et aux déchets solides. Les échanges ont également porté sur les conséquences de l'orpaillage illégal, avec l'utilisation de substances toxiques comme le mercure et le cyanure, qui contaminent les sols et les ressources hydriques.
Président de la section Côte d'Ivoire de la SOACHIM-CI, le Professeur Benjamin Yao a expliqué que le choix de cette thématique répond à une urgence nationale. « Nous avons voulu nous attaquer à un problème extrêmement important et préoccupant dans notre pays : celui de la pollution environnementale », a-t-il indiqué. Selon lui, la communauté scientifique ivoirienne dispose de solutions concrètes pour faire face à ces défis, notamment dans le traitement des effluents avant leur rejet dans la nature. Il a cité l'exemple de l'électro-oxydation, une technologie développée par les chercheurs permettant de dégrader certains polluants contenus dans les eaux usées, notamment les résidus médicamenteux présents dans les effluents hospitaliers.
Le président de la SOACHIM-CI a annoncé qu'un document de synthèse regroupant les résultats des travaux et les recommandations scientifiques sera élaboré puis transmis aux autorités administratives et politiques afin d'accompagner les prises de décisions.
Présidant la cérémonie d'ouverture, la Présidente de l'Université Jean Lorougnon Guédé, Professeure Adohi Krou Viviane, a salué la mobilisation des scientifiques et la confiance accordée à son institution. Elle a souligné que cette rencontre illustre le rôle de l'université dans la production de connaissances utiles au développement. « Face à ces enjeux, la science ne peut se limiter à observer ou à analyser. Elle doit éclairer les décisions publiques, accompagner les acteurs du développement et proposer des solutions innovantes adaptées à nos réalités et accessibles à nos populations », a-t-elle déclaré.
La Présidente de l'UJLoG a rappelé que les universités ont pour mission de former des ressources humaines compétentes, mais aussi de mettre la recherche au service des préoccupations des populations. Elle a relevé les travaux menés par son institution dans plusieurs domaines, notamment l'agriculture durable, la gestion des ressources naturelles, la qualité des eaux, la valorisation de la biomasse, la restauration des écosystèmes, les matériaux innovants et les énergies renouvelables. « Une université moderne doit être un laboratoire de solutions au service de la société », a-t-elle affirmé.
Président du Comité d'Organisation, le Professeur Siaka Soroh a indiqué que ces journées constituent une plateforme importante pour rapprocher la recherche scientifique des besoins de développement. Il a insisté sur la nécessité de transformer les résultats de la recherche en solutions accessibles aux populations afin de contribuer efficacement à la protection des écosystèmes.
Au terme des travaux, les participants ont formulé des recommandations visant à renforcer la collaboration entre les différents acteurs et à faire de la chimie un outil majeur de la transition écologique. À Daloa, les chercheurs ivoiriens ont ainsi réaffirmé leur engagement à mettre la science au service de la préservation de l'environnement et du développement durable en Côte d'Ivoire.
La Rédaction
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