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Faits divers

Abidjan : le faux journaliste allemand qui escroquait des femmes interpellé

Par Aminata Bamba · Journaliste sport et culture ⏱ 6 min de lecture
Le présumé escroc K. K. C., alias Chris Khan Narkelz, interpellé par la police à Abidjan

K. K. C., 33 ans, se faisait passer pour un journaliste allemand pour escroquer des femmes sur des sites de rencontres. Il promettait mariage et voyage en Allemagne avant de disparaître avec leur argent. Il a été interpellé le 16 septembre 2026.

Il s'appelait "Chris Khan Narkelz" pour ses victimes. Derrière cette fausse identité de journaliste allemand en mission pour l'Union européenne, un Ivoirien de 33 ans, K. K. C., a escroqué au moins six femmes à Abidjan. Interpellé le 16 septembre 2026 par la police du 12e arrondissement des Deux-Plateaux, il a été déféré devant le parquet.

L'homme préférait une identité qui fait davantage voyager : "Chris Khan Narkelz", journaliste allemand en mission pour l'Union européenne. Avec cette identité, une histoire bien construite et de belles promesses, il parvenait à gagner la confiance de plusieurs femmes. À chacune, il parlait d'amour, de mariage et d'une nouvelle vie en Allemagne. Mais avant l'Allemagne, il fallait payer le "dossier". Et une fois l'argent encaissé, "Chris" disparaissait.

Une première victime aux Deux-Plateaux

Courant juillet 2026, K. J. d'A., commerçante, fait la connaissance de K. K. C. L'homme se présente sous le nom de "Chris Khan Narkelz". Il lui explique qu'il est Allemand et exerce comme journaliste militaire de l'Union européenne. La rencontre se passe bien. Les échanges se poursuivent et "Chris" commence à faire des avances à K. J. d'A. Puis, très vite, il lui parle d'un avenir à deux. Il veut l'emmener en Allemagne. Mieux encore, une fois sur place, ils vont se marier.

Pour K. J. d'A., elle a trouvé son "Blanc" : bientôt la fin de ses galères à Abidjan. L'histoire devient sérieuse. Seulement, avant de penser au mariage et au départ, "Chris" lui explique qu'il faut constituer son dossier. Prix annoncé : 175 000 francs CFA. La commerçante lui remet la somme.

"Chris" lui donne même une consigne très précise : le dimanche 2 août, elle doit prendre ses bagages et le rejoindre à son domicile, aux Deux-Plateaux. Ils vont passer la semaine ensemble avant de partir pour l'Allemagne. Le dimanche arrive. La séparation avec sa famille est difficile : des pleurs, des embrassades. Elle promet de ne pas les oublier une fois en Allemagne.

K. J. d'A. prépare donc ses affaires. Les bagages sont faits et elle se rend à l'adresse communiquée par celui qu'elle pense être son futur époux. Mais arrivée sur place, quelque chose ne va pas. "Chris" n'habite pas à l'adresse indiquée. Elle tente de l'appeler. Aucune réponse. Elle recommence. Toujours rien. K. J. d'A. comprend finalement ce qui vient de se passer : il n'y aura ni semaine en amoureux, ni voyage en Allemagne, encore moins de mariage. Quant aux 175 000 francs CFA, ils sont déjà partis avec "Chris".

En pleurs, toujours avec ses valises, elle se rend au Commissariat de police du 12e arrondissement des Deux-Plateaux Vallon et raconte toute l'histoire aux policiers. Une enquête est immédiatement ouverte.

Une deuxième victime sur Badoo

Pendant que la police le cherche, "Chris" cherche une nouvelle femme. Le 8 septembre 2026, une autre femme, E. P., agente commerciale, fait la connaissance d'un certain "Chris Khan Narkelz" sur le site de rencontres Badoo. Elle ignore évidemment l'histoire de K. J. d'A. "Chris" reprend son personnage. Face à E. P., il est toujours journaliste allemand. Cette fois, il explique être à la recherche d'une femme africaine avec laquelle il souhaite construire sa vie. Et là encore, la destination finale est la même : l'Allemagne.

Les échanges avancent et "Chris" lui annonce qu'il peut l'emmener avec lui. Mais le dossier coûte 400 000 francs CFA. E. P. lui explique qu'elle n'a pas cette somme. "Chris" trouve rapidement une solution : elle n'a qu'à lui remettre 200 000 francs CFA, il se chargera du reste. L'affaire est entendue.

Le mercredi 16 septembre 2026, "Chris" donne rendez-vous à E. P. aux Deux-Plateaux, non loin de Sococé. La jeune femme vient au rendez-vous avec les 200 000 francs CFA convenus. Elle retrouve "Chris" et lui remet l'argent. Ce qu'il ignore, c'est que les policiers du 12e arrondissement ont poursuivi leurs investigations depuis la plainte de K. J. d'A. et sont désormais sur ses traces.

Cette fois, "Chris" n'aura pas le temps d'appliquer la dernière partie de sa méthode : prendre l'argent, changer de numéro et disparaître. Les agents interviennent immédiatement et l'interpellent. E. P. vient de remettre ses 200 000 francs CFA, mais contrairement à K. J. d'A., elle n'aura pas à se présenter quelques jours plus tard, avec ses bagages, devant une adresse où personne ne connaît "Chris Khan Narkelz".

Le mode opératoire du présumé escroc

Au commissariat, le décor change rapidement. Le fameux "Chris Khan Narkelz", journaliste allemand, est en réalité K. K. C., 33 ans, Ivoirien. Interrogé par les enquêteurs, il reconnaît les faits et explique son mode opératoire. Il se rend sur les sites de rencontres pour faire connaissance avec des femmes. Une fois le contact établi, il prend le temps de sympathiser avec elles. Puis apparaît son identité : "Chris Khan Narkelz". Il se présente comme un journaliste allemand venu en Côte d'Ivoire dans le cadre d'une mission européenne.

Avec son teint clair, il parvient à donner davantage de crédit au personnage qu'il s'est construit. Puis viennent les mots qui font rêver : une relation sérieuse, un mariage et, surtout, une nouvelle vie en Allemagne. Lorsque la confiance est installée, il reste une dernière étape : payer les frais du fameux dossier de voyage. Les femmes lui remettent alors de l'argent. Et une fois la somme en poche, "Chris" change de compte, change de numéro de téléphone et disparaît.

Quatre autres victimes reconnues

L'audition réserve encore une surprise aux enquêteurs. K. J. d'A. et E. P. ne sont pas les seules. K. K. C. reconnaît avoir utilisé le même stratagème avec quatre autres femmes, auxquelles il a soutiré des sommes comprises entre 100 000 et 200 000 francs CFA. Au total, six femmes se retrouvent ainsi dans le récit livré aux policiers. Le scénario varie peu : rencontre, séduction, identité allemande, promesse de mariage, départ pour l'Europe, argent pour les documents, puis disparition.

Mais le mercredi 16 septembre, aux Deux-Plateaux, le scénario s'est arrêté avant la dernière scène. Cette fois, ce n'est pas "Chris Khan Narkelz" qui a disparu. C'est la police qui est allée vers lui. Après compte rendu au procureur de la République, K. K. C., alias "Chris Khan Narkelz", a été déféré devant le parquet d'Abidjan-Plateau pour répondre de ses actes.

Une histoire de rencontres, de mariage et d'Allemagne qui devait se terminer à l'aéroport. Elle s'est finalement terminée devant la justice.

Source : Police Secours

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